La confirmation

L’outil de l’écoute. Un accusé réception par la reformulation.

Par la confirmation j’assure à l’autre que j’ai bien entendu ce qu’il ressent, éprouve, pense ou fait et je lui en témoigne clairement. Je le rends plus ferme dans ce qu’il exprime, je le conforte dans son avis ou son point de vue, sans pour autant l’approuver. 

La confirmation a un pouvoir « fabuleux ». Utilisée au quotidien des échanges elle favorise la réciprocité en donnant sa place dans la communication au versant de l’écoute (au recevoir et à l’accueil de ce que l’autre dit). 

La confirmation commence par un « Oui » qui peut être « le mot le plus merveilleux de la langue française » quand il conforte celui qui parle dans ce qu’il exprime. La confirmation est un accusé réception : « Oui, j’entends, je reçois, j’accueille ce que tu me dis comme t’appartenant, comme étant ton point de vue, ton ressenti… »
Ce n’est pas un « Oui je te comprends » ni même un « Oui, je suis d’accord avec toi » ou « J’approuve ce que tu dis » 
Je peux très bien ne pas être d’accord avec ce que quelqu’un me dit sans pour autant rejeter son point de vue, son ressenti ou son émotion ni les minimiser, les critiquer ou les contester. Je peux simplement (et indépendamment de ce que je pense du contenu de son propos) reformuler ce que j’ai entendu en le laissant chez celui qui l’a exprimé, comme lui appartenant.

Confirmer l’autre c’est
* Lui remettre ou lui laisser ce qui lui appartient : 
son avis, son opinion, son ressenti etc.
* Le reconnaître et l’entendre dans le registre où il s’exprime

Lorsque je confirme l’autre
* Je commence ma phrase par un Oui qui accuse réception
* Je n’entre pas en matière sur le contenu de son propos
* Je ne l’approuve pas forcément
* Je ne lui laisse pas croire que je cautionne ce qu’il dit ou fait

Dans le contexte de la relation parent enfant
« Oui, quand tu me dis « Papa, tu es méchant » j’entends bien que tu me vois comme méchant et moi, je me vois comme celui qui pose des limites, même si cela est difficile pour toi. »

« Le pouvoir de confirmation est fabuleux… et trop méconnu par les adultes. Nous pourrions par exemple, commencer nos réponses par le mot « oui », le mot le plus merveilleux de la langue française. C’est un mot sous-utilisé. Un oui de confirmation n’est pas un oui d’accord. C’est donner la confirmation que l’on a entendu l’autre, là où il est, dans ce qu’il vit.
Avec les enfants, quand ils veulent regarder la télévision tard le soir et qu’il y a école le lendemain, il faudrait dire : « Oui, je sais que tu aimerais regarder la télévision. » Ce n’est pas un oui d’accord, mais un oui de confirmation. Et après, se définir devant eux :

« J’entends bien que tu veux regarder la télé, mais moi je te demande d’aller au lit. » Je lui parle de ma demande. Habituellement nous ne faisons pas cela, nous disons : « Tu dois aller au lit », nous parlons sur l’autre. Écoutons bien la différence : « je te demande » et « tu dois ». « Je te demande », je parle de moi et je prends le risque qu’il s’oppose. L’opposition permet à l’enfant de reconnaître l’autre comme différent et de se positionner comme différent.
Par la confirmation l’enfant va vous reconnaître. Voilà le paradoxe : si vous parlez sur lui, il ne sait pas où vous êtes. Il ne vous reconnaît pas et il ne se reconnaît pas non plus dans ce que vous dites sur lui. Il est perdu, il n’y a pas de repérage existentiel. Si je me situe devant lui, je lui permets de se situer aussi par la même occasion.
Jacques Salomé, Papa, maman, écoutez-moi vraiment, 1989)

« Ce n’est pas en cherchant à le rassurer qu’on permet à un enfant de dire sa peur. C’est par une écoute tolérante, tendre qu’on lui permettra peut-être de la dire, de la traverser. "Oui, tu as peur, peux-tu me dire comment tu la vois, ce que tu imagines, qu’est-ce-que tu sens…"
Jacques Salomé, Apprivoiser la tendresse, 1988)
« Je peux me définir en affirmant ma différence. Après avoir confirmé le point de vue de l’autre… je le remets chez l’autre. Je peux ensuite affirmer le mien et constater nos points de convergence, de divergence, voire de séparation. […]
Si l’autre me dit 
« Je ne comprends pas à quoi te servent toutes ces lectures, tous ces cours, et ces stages en plus. C’est du temps perdu. »
Formulation possible :
Pour une confirmation de l’autre et un positionnement personnel ouvrant au dialogue.
« Oui, pour l’instant ma démarche est incompréhensible pour toi. Tu as vraiment le sentiment que c’est du temps perdu. »
« J’ai tenté plusieurs fois de te proposer mes lectures, de te dire combien j’avais apprécié ce cours, ce que j’avais découvert avec ces stages. Accepterais-tu de me dire ce que tout cela dérange, irrite en toi ? Accepterais-tu de me parler de toi plutôt que de disqualifier mes démarches ? »
(Jacques Salomé, T’es toi quand tu parles, 1993)

La confirmation s’avère particulièrement précieuse avec les enfants mais elle a aussi sa place dans toutes les relations.