Visualiser avec des objets / des personnes

Selon le contexte, le support utilisé pour la visualisation externe est un objet réservé à cet effet ou une personne présente.

Le praticien ou le formateur ESPERE qui a recours à la visualisation externe dispose d’une sorte de boîte à outils contenant un lot d’objets hétéroclites. Ils sont choisis pour leur forte charge évocatrice en rapport avec l’enfance souvent – des jouets, des peluches par exemple mais ce sont aussi parfois des objets aux formes moins figuratives comme des galets. Il y a bien sûr des écharpes, des foulards ou des rubans de couleurs et de matières différentes. Tous ces objets sont mis à disposition des personnes qui viennent consulter et ils servent de support au travail sur les thématiques abordées.

 

 

Dans le cadre d’une conférence ou d‘une formation, la visualisation externe se pratique en faisant appel au public ou aux participants présents.

La visualisation externe avec des personnes est héritière des mises en scène ou mises en situation pratiquées en psychodrame. Jacques Salomé a été formé à cette approche, il a co-animé jusqu’en 1992 des stages de psychodrame avec Sylvie Galland (psychologue et thérapeute, Lausanne, Suisse). Il a ensuite systématiquement fait venir sur scène des participants à ses conférences, à ses stages ou séminaires pour illustrer ses propos. Ces visualisations sous forme de mises en situations donnaient un côté vivant et ludique à ses interventions, y compris lorsqu’il abordait des sujets graves comme les deuils et les séparations. Aujourd’hui, au cours d’une formation ou d’une conférence consacrée à la relation de couple par exemple, un formateur appelle plusieurs personnes pour représenter les différentes composantes de l’amour que sont le besoin d’être aimé, l’amour de soi, l’amour vers l’autre, ou pour illustrer différentes sortes d’amour : amour de peur, de besoin, de manque ou de désir.

Lors de l’exploration d’une situation, le temps consacré à la visualisation facilite la focalisation sur l'un ou l'autre de ses aspects. Il peut être question de :

  1. sa dimension temporelle et historique :"Voici la femme/l’homme que vous êtes devenu·e, l'ex-petite fille/l’ex-petit garçon que vous avez été… la femme/l’homme en devenir…"
  2. sa dimension identitaire relative aux rôles et aux places de chacun : "Choisissez quelqu'un qui représenterait la femme/l’homme que vous êtes, la mère/le père, la maman/le papa, la/le professionnel·le…"
  3. sa dimension interpersonnelle avec mise en scène des protagonistes en présence : "Je vous invite à choisir quelqu'un qui représenterait votre père, votre mère… ou votre enfant…"
  4. sa dimension intra personnelle : "Je vous propose de choisir quelqu'un qui représenterait (selon le cas) votre tristesse/votre colère/votre comportement/la relation que vous avez avec votre ami …"

La visualisation peut aussi servir de support à une animation pour mettre en évidence les rapports qu’entretiennent entre eux besoin d’affirmation et besoin d’approbation. Les deux sont importants, ils font partie de nos besoins fondamentaux, mais ils sont antinomiques. Il est possible de montrer cette dynamique en disposant les deux besoins (représentés par deux personnes), de sorte que lorsque l’un domine, l’autre passe au second plan.

Visualiser stimule la créativité

Le recours à la visualisation permet une approche singulière et inédite de problématiques relationnelles qui ont bien souvent été maintes fois abordées. Elle déconcerte parfois mais en introduisant un point de vue nouveau, elle éveille la créativité et ouvre au changement. La plupart du temps, dans notre culture, nous abordons les questions courantes de la vie interpersonnelle en privilégiant le registre verbal et auditif, en valorisant parfois à l'excès, les rationalisations, les idéalisations (contes qu’on se raconte) et les explications dans lesquelles nous finissons par nous égarer et tourner en rond.

La visualisation sert de support à la clarification des enjeux latents d’une problématique. Elle stimule la prise de conscience. En accordant la priorité au registre du vu sur celui de l'entendu, en favorisant le passage des mots aux images, elle active et met à jour des dynamiques qui, souvent, restent inaccessibles et inabordables parce qu’elles se sont délitées, perdues, solidifiées, figées ou condensées dans des abstractions et des intellectualisations.