Choisir ou fabriquer des objets

Choisir ou fabriquer des objets

Quels objets ?

Selon les circonstances, le contexte, les situations, la nature des réalités à symboliser, la sensibilité et la créativité de chacun, les objets choisis sont soit des objets manufacturés auxquels un sens particulier est attribué (jouets, miniatures etc.) soit des objets existants dans la nature (galets, coquillages, graines, branchages etc.) Parfois ce sont des objets du quotidien détournés pour l’occasion de leur usage habituel ou bien des matières premières servant au bricolage. On peut aussi créer ces objets de toutes pièces, les fabriquer à partir de différents matériaux (papier, carton, bois, pierre, tissus etc.) ou encore recourir à des médiums plus malléables (peinture, collage, argile, pâte à modeler, pâte à sel, mie de pain, silicone). On peut utiliser des textes écrits (prose, poèmes, contes), des morceaux de musique, des enregistrements sonores…

La liste est loin d’être exhaustive et relève de l’inventivité de chacun, qu’il soit ou non artiste plasticien en devenir…

Dominique Demaria peint des galets (photos) "à utiliser comme objets symboliques, support d'une pensée, d'un désir, d'un besoin, d'un souvenir. À s'offrir à soi-même ou à d'autres comme un étayage intérieur"

« Quand j’étais toute petite, j’entendais toujours les gens se chamailler au moment du repas – mon père disait quelque chose et ma mère défendait le contraire. Pour oublier toutes ces disputes autour de moi, j’ai commencé à modeler de la mie de pain avec mes doigts. Avec la pâte du pain français – parfois elle était encore chaude –, je faisais de petits personnages, puis je les alignais sur la table de la salle à manger. Ma première sculpture était née. »
(Louise Bourgeois, dans Louise Bourgeois, Centre Pompidou, 2008)

Le temps consacré au choix ou à la fabrication de l’objet est toujours un temps fort qui déclenche beaucoup d’émotions ou de manifestations physiques (tremblement, nausée, contracture, pleurs, rires etc...)
Les objets présentés ici ont été fabriqués en argile lors d’un stage animé par Jocelyne Brocco, formatrice de formateurs, Pau, France (« L’acte symbolique avec l’argile », Actes du Colloque ESPERE 2007, Paris)

Un regard qui effrayait Une grosse main qui donnait des coups et faisait peur Les hurlements, la colère Des paroles violentes et insultantes
Sentiment de culpabilité Sentiment d'impuissance Fidélité à une mère Sensation de caillou dans la chaussure depuis l'enfance

 

Des boites de différentes sortes pour contenir des émotions, les déposer, les nommer, les accompagner… 

Des boîtes à colère, à tristesse et autres sentiments : voir le poème écrit par des enfants de classe maternelle (Kathleen Gerlandt et Jacques Salomé, Découvrir la communication relationnelle à l’école, « Symbolisation », 2002) 

"J’ai créé une boite en bois pour y répandre mes joies
Une boîte en fer pour y balancer mes colères
Une boîte en argent pour y ranger mes sentiments
Une boîte en carton pour y glisser mes émotions […]" etc.

Des boîtes à peur : dans "Le conte du petit koala qui croyait que l’amour c’était recevoir des coups" (Jacques Salomé, Contes à guérir, contes à grandir, 1993) 
Des boîtes à colère : dans "Le conte du petit poisson qui avait une si grosse colère en lui… qu’il aurait pu avaler toute la mer" (Jacques Salomé, Contes à guérir, contes à grandir, 1993).
Des boîtes à bisous : dans "Le conte de la boîte à bisous" (Jacques Salomé, Contes à aimer contes à s’aimer, 2000).

Voir aussi « La boîte à bisous », texte tiré du livre de Lewis Carroll, Lettres adressées à des petites filles - Alice racontée aux petits enfants - Trois poèmes sans queue ni tête, Flammarion, L’Age d’or, 1975, précédé d’une réaction de surprise de Jacques Salomé, le tout paru dans notre infolettre n° 5 du mois de février 2013.

« Et moi qui croyais avoir inventé les boites à bisous !
Je ne savais pas que Lewis Carroll m’avait précédé, il y a plus d’un siècle ! »

"Alors, il [le docteur] a pris un air extrêmement grave et il a dit :
Je crois que vous avez dû lui donner trop de baisers.
Ma foi, ai-je avoué, j’ai donné un baiser, un seul, à une petite fille de mes amis.
Réfléchissez bien, a-t-il dit, êtes-vous sûr de n’en avoir donné qu’un seul ?
Après avoir réfléchi j’ai répondu :
Peut-être lui en ai-je donné onze ?
Alors le docteur a décrété :
Vous ne devez plus lui donner le moindre baiser jusqu’à ce que vos lèvres soient parfaitement reposées.
Mais comment vais-je faire ? ai-je dit, car voyez-vous, je lui en dois quatre-vingt-deux.
Alors il a pris un air tellement grave que de grosses larmes se sont mises à couler sur ses joues et il a fini par dire :
Vous pouvez les lui envoyer dans une boîte.
Alors, je me suis rappelé une petite boîte que j’ai achetée il y a longtemps à Douvres, dans l’intention de la donner à une petite fille.
Je vous l’envoie après y avoir soigneusement emballé tous mes baisers. Écrivez-moi pour me faire savoir s’ils sont bien arrivés ou s’il s’en est perdu quelques un en route. »

Dans le même esprit, une proposition de boîte à bobos ou boîte à soucis est mise en chanson par Fabienne Marsaudon (Les p’tits mots doux, site internet de l’auteure)
La boite à émotions de Zatou est une mallette pédagogique qui s’adresse aux enseignants de maternelle. Disponible aux éditions Retz.
Réalisée par Marie-Pierre Sansac-Mora (Directrice d’une école maternelle) et Marion Grimaud-Mercier (Formatrice en communication relationnelle, région de Toulouse, France, membre de l’Institut ESPERE International)