La poubelle relationnelle

La poubelle relationnelle

Une poubelle d’un genre particulier

On l‘appellerait peut-être « boite à [ou aux] ordures relationnelles », si monsieur Poubelle, - Eugène de son prénom -, préfet de la Seine, soucieux d’améliorer l’hygiène de la ville de Paris, n’avait obligé (par arrêtés pris en 1883 puis 1884) les propriétaires d’immeubles de l'époque à mettre à disposition de leurs locataires des récipients pour contenir les déchets ménagers.

Mais comme le nom propre est devenu commun et qu'il est passé dans le langage courant, c’est celui de « poubelle relationnelle » que Jacques Salomé a choisi pour désigner un contenant « utilisé pour tout ce qui ne peut pas être rendu de façon symbolique »

Le recours à la poubelle relationnelle permet « une transition, une respiration, un espace-temps relais » pour ne pas se laisser polluer par le négatif qui nous vient de l’autre quel qu’il soit, pour ne pas rester dans le réactionnel, ne pas entretenir les ruminations et autres ressassements ou ressentiments.

N'importe quel·le boite ou récipient peut faire office de poubelle relationnelle pour peu qu'on lui attribue cette fonction : un contenant où jeter après les avoir écrits entre guillemets, des phrases, des remarques, des jugements entendus dans lesquels nous ne nous reconnaissons pas ou qui nous ont blessé·e·s. Des gribouillons ou des crabouillages comme disent parfois les enfants.

L’usage régulier de la poubelle relationnelle permet de ne pas se laisser perturber ou envahir par le négatif de paroles ou de comportements que les autres déversent sur nous : mises en cause, accusations, reproches, disqualifications, jugements, culpabilisations etc. 

Il s’agit d’un outil utilisable aussi bien dans la vie professionnelle que personnelle, aussi bien avec les adultes qu'avec les enfants. 

Cf. Pour ne plus vivre sur la planète TAIRE, p. 139, Albin Michel, 1997