L'écharpe relationnelle

L’emblème de l’Institut ESPERE International. 

L’écharpe relationnelle est un outil concret qui sert à enseigner les principes de base à l’œuvre dans toute communication et dans toute relation. Elle a donné lieu à une expression devenue courante pour les familiers de la Méthode ESPERE® qui parlent des deux « bouts » de la relation et de leur responsabilité à leur « bout » ou à leur « extrémité » de la relation.

« […] une relation a toujours deux extrémités et […] lorsque nous acceptons de prendre la responsabilité, à notre extrémité, de ce que nous éprouvons, ressentons ou pensons, quoi que fasse l’autre, nous accédons à une meilleure prise en charge de la relation. » (Jacques Salomé, La ferveur de vivre, 2012)

 



L’écharpe relationnelle est un outil évocateur de la relation. Elle représente tout ce qui circule entre deux personnes, le conduit ou le canal qui va de l’un à l’autre et vice-versa. 
En utilisant une écharpe pour matérialiser une relation il devient plus facile de voir que cette relation a deux extrémités ou deux « bouts » distincts et indépendants, plus facile d’intégrer que dans tout échange ou toute relation chacun est responsable de ce qui se passe à son « bout ». Chacun est partie prenante de ce qu’il dit, fait ou ressent et de ce qu’il fait, dit ou ressent à partir de ce qu’il reçoit de l’autre. En d’autres termes plus concrets : je suis responsable des messages que j’envoie et de la manière dont je réceptionne ceux qui me viennent de l’autre. Je ne suis pas responsable de ce que l’autre dit, ni responsable de ce qu’il fait à partir de ce que je lui dis.
Dans une relation de réciprocité chacun assume la responsabilité de ce qu’il émet et reçoit.



C’est celui qui reçoit le message qui lui donne un sens.
Apprendre à dire 
« Dans ce que tu m’as dit, voilà ce que j’ai entendu » ou en abrégé « J’ai entendu »
plutôt que « Tu m’as dit »
évite bien des malentendus et des désaccords qui commencent  généralement ainsi
Tu m’as dit…
Mais non j’ai pas dit ça…
Mais si…
Mais non…
À elle seule, l’écharpe relationnelle est le support de bien d’autres principes de base. Elle est devenue l’emblème de l’Institut ESPERE International. Son logo en témoigne.

L’écharpe relationnelle comme outil pédagogique de la Méthode ESPERE®

On parle de tisser des liens mais qui a déjà vu des liens tissés ?
Jacques Salomé a eu l’idée originale de donner forme, matière et couleur à cet espace invisible appelé relation, qui à la fois relie et sépare deux êtres. Il a inventé le terme d’écharpe relationnelle et beaucoup utilisé cet accessoire vestimentaire lors de ses formations ou conférences, au point qu’il lui est associé.

« L’écharpe symbolisant la relation entre deux personnes est un outil pédagogique d’une singulière efficience. Chaque fois que je me sens en difficulté de relation, je peux imaginer une écharpe entre l’autre et moi. Cette écharpe me relie (sans m’attacher ou m’étrangler), je peux différencier ce qui vient de l’autre et ce qui vient de moi. Je peux tenter de le recevoir, de l’amplifier ou de le rejeter. Je peux mieux reconnaître comment est perçu par l’autre ce qui vient de moi. » (Jacques Salomé T’es toi quand tu parles, 1991)

L’écharpe choisie pour représenter une relation donnée sera colorée, soyeuse, douce, lumineuse, rêche ou râpeuse, elle sera souple, tendue, effilochée, nouée relâchée ou résistante etc. En tant que telle, elle en dit toujours beaucoup plus que n’importe quel discours. 
Pour être vivante et en bonne santé, la relation a besoin d’être entretenue et alimentée par des messages positifs ou messages appelés « messages cadeaux » (Voir Découvrir des concepts). 

Comment est née l’idée de l’écharpe relationnelle ?

Jacques Salomé a parfois évoqué cette histoire à l’occasion des stages qu’il a animés. Sauf erreur, il ne l’a pas publiée dans l’un ou l’autre de ses ouvrages. Je tiens cette « épopée » d’une communication personnelle qui remonte au mois d’août 2005.

« L’écharpe relationnelle est née d’un échange avec ma mère quand j’ai eu 45 ans.

Je tentais de lui dire ma souffrance d’enfant de 5 ans dépossédé de mon petit lit qui avait un encadrement qui me rassurait. Ce petit lit, elle s’apprêtait à le donner à mon frère, en m’expliquant : "Tu es grand maintenant, on va te mettre dans un grand lit !"

Elle s’en voulait après-coup "Alors on n’aurait pas dû !", elle se justifiait "On n’allait pas te laisser toute la vie dans ton petit lit !", se culpabilisait "On n’était pas riches, on ne pouvait pas acheter un deuxième lit pour ton frère !"

Je sentais que je n’étais pas entendu. Je tentais de lui dire que le plus important pour moi c’était de pouvoir mettre des mots sur mon vécu et non de lui reprocher quoi que ce soit.

Soudain, je lui ai dit 
"Dans mon grand lit, il n’y avait pas de bords et le soir en m’endormant j’avais peur de tomber dans un gouffre.

Oui, oui, le docteur disait que tu étais nerveux !

Je ne parle pas du docteur, mais de moi. Tu sais, dans mon petit lit, quand je m’accrochais à la parure bleue qui le bordait, c’était mon premier doudou, je pouvais m’endormir rassuré !"

Elle s’étonna "Tu te souviens de la parure bleue ?" et soudain, elle se leva, alla dans l’armoire de sa chambre, fouilla un instant et revint avec la fameuse parure bleue.

Elle, la tenant par un bout, moi par l’autre, j’ai eu enfin le sentiment qu’elle m’entendait sans se sentir remise en cause. Grâce à ce lien (la première écharpe relationnelle) elle pouvait entendre sans se justifier ni minimiser ma parole, sans se culpabiliser d’avoir fait ou pas fait. »

Maryse Legrand, psychologue clinicienne, 
secrétaire pour le CA de l’Institut ESPERE International (octobre 2018)